Le bouleau et ses vertus thérapeutiques

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La sève, les feuilles et l’écorce ont des vertus diurétiques et sont également utilisées dans le soulagement des affections cutanées.

En herboristerie, le bouleau a de nombreuses vertus. On utilise les bourgeons ou l’écorce sèche en décoction et les feuilles en infusion comme dépuratif. La sève de bouleau appelée eau de bouleau est également utilisée dans de nombreux pays.

En phytothérapie on utilise la feuille de bouleau en poudre pour faciliter les fonctions d’élimination rénale et digestive.

Dans la lutte contre le cancer, l’acide bétulinique, un composé naturel de l’écorce de bouleau, est cytotoxique pour de nombreuses tumeurs.

La sève de bouleau purifie l’organisme et nettoie les reins 

Il y a divers moyens de condenser les qualités d’une plante pour les rendre accessibles : Suspensions intégrales de plantes fraîches (SIPF), solution hydro-alcoolique, teinture mère… Pour le bouleau, il suffit de boire sa sève, même si l’on peut tirer aussi avantage des infusions de feuilles, de l’écorce ou de ses bourgeons. c’est un fait. L’arbre est très généreux en sève. Il s’agit donc de l’élément que l’on consomme le plus volontiers.

Par voie interne, la sève de bouleau est un diurétique non-irritant, un dépuratif et un antirhumatismal. Par voie interne, il sert d’adjuvant utile pour se débarrasser des maladies cutanées, tout comme l’orme.

La première mention écrite de la sève de bouleau comme remède est due à l’écrivain allemand Konrad von Megenberg, en 1350. Mattioli, le célèbre médecin et botaniste italien de la Renaissance, lui prêtait la vertu de dissoudre les calculs de la vessie, ce qui est exagérer ses pouvoirs.

Cependant, ce liquide clair et très légèrement pétillant est effectivement bu en cure pour soulager l’arthrite et les calculs urinaires, grâce ses principes actifs, dont une résine spécifique, la bétuline, et une huile essentielle, l’acide salicylique.

Ceux-ci accroissent considérablement la diurèse, favorisent l’élimination des chlorures de l’urée, de l’acide urique, du cholestérol, et dans certains cas, de dépôts urinaires. En outre, la sève de bouleau a l’avantage de ne pas trop éliminer les sels minéraux.

Les propriétés dépuratives et diurétiques incontestables de la sève de bouleau bénéficient aux rhumatisants, aux goutteux, et à ceux qui souffrent de maladies de la peau.

Les époques antérieures ne se sont malheureusement pas entendues sur les doses à administrer, mais 2 à 4 cuillerées à soupe constituent une dose journalière moyenne pour l’adulte. Il faudra toutefois surveiller l’augmentation de la diurèse et si possible placer son utilisation sous contrôle médical.

Contre les dermatoses et… la cellulite

Néanmoins, il n’y a pas que la sève qui soulage dans le bouleau. L’infusion des feuilles et la décoction des bourgeons peuvent également être utilisées pour traiter les maladies de peau, mais aussi les déficiences rénales, cardio-rénales et hépatiques : coliques néphrétiques, œdèmes, hydropisies, albuminurie, excès d’acide urique et de cholestérol.

La gemmothérapie, dont vous a parlé Jean-Pierre Giess au début du mois, utilise presque exclusivement des bourgeons ou des organes en voie de croissance. Elle accorde une grande importance aux pouvoirs drainants du bouleau, qui prépare l’organisme à l’action des bourgeons spécifiques de l’affection à soigner.

Les bourgeons du bouleau s’appellent chatons, et des hormones de type sexuel y ont été reconnues. Ces chatons sont conseillés dans les périodes critiques de la vie génitale. Ils jouissent des mêmes propriétés que les feuilles mais sont en plus recommandés contre les engorgements des ganglions lymphatiques.

Quant aux semences, elles se révèlent un tonique nerveux à prescrire principalement à l’étudiant en période d’examens et dans tous les cas de surmenage intellectuel.

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L’écorce, elle aussi diurétique, est en outre un stimulant de la digestion et un fébrifuge. Elle est prescrite dans toutes les préparations phytothérapeutiques, afin de les rendre plus digestes.

Les feuilles surtout, pour leur capacité diurétique, permettent de réduire la cellulite par leur capacité à accroître l’élimination des déchets organiques.
Dans les contrées du nord, on soignait les dermatoses ou les ulcères vénériens avec l’huile empyreumatique ou goudron de bouleau, d’odeur agréable, tirée par distillation de l’écorce et du bois. Toutefois, cette substance serait aujourd’hui tenue pour cancérigène.

Mais quelle que soit la méthode utilisée pour les soins externes, le bain est souvent la meilleure. Il est nécessaire de lui adjoindre une cure prolongée d’infusion ou mieux, de sève, puisque de nombreuses dermatoses ne sont que les manifestations de troubles du système excréteur, sur lesquels le bouleau a une action très efficace.
Ainsi, au XVIe siècle déjà, Mattioli écrivait que le bouleau ôtait les taches du visage et rendait belles la peau et sa carnation.

Contre le psoriasis et le cancer :

Le chaga 

Quant au polypore oblique, ou Chaga, il s’agit d’un champignon qui pousse sur les bouleaux blancs. C’est un remède traditionnel en Russie étudié aujourd’hui pour ses propriétés anticancérigènes.Le Chaga est utilisé depuis longtemps comme  remède pour les maladies de peau, comme le psoriasis entre autres, grâce à son action anti-inflammatoire prononcée et ses propriétés anesthésiques. Les composants fongiques contribuent à la restauration du système nerveux central et  neuro-hormonal, stimulent les processus métaboliques, y compris les tissus du cerveau, améliorent les défenses naturelles de l’organisme. Les préparations à partir du champignon présentent des propriétés antimicrobiennes, antivirales et antifongiques.

Le Chaga est une forme stérile d’espèces fongiques, un parasite sur les troncs d’arbres de bouleau. Son deuxième nom est « le champignon noir de bouleau ». Il peut se produire sur d’autres types d’arbres (cèdres de montagne, hêtre, orme, peuplier faux-tremble), mais l’effet curatif du champignon est observé seulement sur les champignons qui poussent sur l’arbre de bouleau, et ceux qui poussent sur d’autres arbres ne présentent pas d’effets positifs sur le corps.

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Contre le diabète et le surpoids

Le xylitol

Le xylitol est un extrait du bouleau qui remplace le sucre dans la gomme à mâcher. Aussi doux que le saccharose pour deux tiers de ses calories, il peut faire un substitut très appréciable pour les diabétiques. On l’utilise également dans les dentifrices parce qu’il renforce l’émail. Toutefois, il faut en faire un usage raisonné et surtout ne pas le laisser à portée de votre chien.

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Du bouleau, mais pas n’importe comment !

  • Pour se concocter une petite infusion purifiante, c’est très simple. Il vous faut plonger 10 à 50 g de feuilles pour 1 litre d’eau bouillante, puis verser l’eau sur les feuilles. Quand la température est descendue à 40°, ajoutez 1 g de bicarbonate de soude. 3 tasses par jour entre les repas ou une demi-heure avant vous feront de l’effet. 
  • Pour vous fabriquer des compresses, la quantité recommandée est de faire infuser 50 g de feuilles par litre d’eau. Pour la décoction de bourgeons, il vous faut 150 à 200 g de bourgeons pour 1 litre d’eau. Porter à ébullition et faire réduire doucement d’un cinquième. Cette préparation est plus active que celle à base de feuilles :2 tasses moyennes ou 3 petites par jour suffiront. Vous pouvez aussi l’employer en usage externe, pour le lavage des dermatoses et des abcès.
  • Enfin, parce qu’il ne faudrait pas que le bouleau paraisse trop sévère, je vous recommande le vin de bouleau. Pour faire ce vin, il suffit de laisser fermenter pendant 3 ou 4 semaines dans un tonneau bien fermé plusieurs dizaines de litres de sève avec du sucre ou du miel (3 à 6 kilos pour 50 l), des raisins secs et, si l’on veut, des aromates. On embouteille après soutirage. La boisson obtenue est pétillante, légèrement acide et sucrée, très rafraîchissante (P. Lieutaghi).